lundi 1 octobre 2007
Faire l’économie du discours sur le marché
Par raphaele, lundi 1 octobre 2007 à 12:39 :: Ce satané marché
J’ai en marre d’entendre que le PS doit de se reconcilier avec l’économie de marché. ici
En ce moment, je lis La décennie Mitterrand de Pierre-Favier et Michel Martin-Roland. ça remet les pendules à l’heure et c’est un excellent bouquin qui permet d’entrer dans les coulisses des décisions politiques. ça se lit comme un roman. Pour revenir à la soit disante mésentente entre le marché et les socialistes: Le gouvernement qui a entrepris la très douloureuse restructuration industrielle de la sidérurgie Lorraine, au prix de milliers de suppressions d’emploi et pour que l’industrie française soit compétitive, c’est bien celui de Pierre Mauroy - politique amorçée en 1984 par le tout jeune ministre de l’Industrie, un certain Laurent fabius. Politique que la droite giscardienne avait eu peur de mener, tant elle était dure pour les régions touchées. Et des preuves de la parfaite compatibilité entre le PS et le marché, il y en a des dizaines: DSK est-il le premier directeur anti-libéral du FMI ? Jospin n’a-t-il pas opéré quelques privatisations ? Qui est directeur de l’OMC ?
Le parti socialiste est libéral depuis son aggiornamento de 1983...où il s’est rendu compte qu’une relance menée contre ses partenaires menait le pays dans le mur, le franc au fond du trou, la balance des paiements dans le rouge...à cette époque un certain Delors en savait autant que Raymond Barre sur les mille manières d’avoir un budget équilibré - et il le disait toutes les semaines en Conseil des Ministres. Michel Rocard aussi - cet amoureux fou du marché qui enquiquinne la gauche avec cette soit-disante réconciliation - déjà faite depuis longtemps.
Le marché, on est tous d’accord, on ne se passe pas, il est là - nul ne veut revenir à une économie planifiée ...alors si Manuel valls a des vapeurs quand les socialistes se rendent à la Courneuve, il ne faut surotut pas qu’il hésite à quitter le parti socialiste, Sarkozy le prendra sous son aile et bon débarras.
Parce qu’à gauche on a de vrais questionsà résoudre : Comment être libéral, solidaire et généreux ? Comment être libéral et empêcher que les écarts de revenus se creusent ? Comment être libéral et écologiste ? Comment être libéral et donner à tous une éducation et une santé de qualité ?
Ces questions se sont les notres et depuis 1983, on n’a pas vraiment de bonnes réponses, mais il ne faudrait pas croire que ce sont les questions de la droite. A droite, on se demande juste comment creuser les écarts de revenus et le faire accepter par tout le monde...et à cette question, la droite a quelques réponse.
