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Not my [french] president

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mercredi 14 janvier 2009

BattleStar Galactica - ma guerre des étoiles

Cette série est envoûtante... je suis scotchée, je dévore épisode par épisode et ne pense à rien d'autre. Je tremble pour Starbuck et Apollo tout en sachant qu'ils s'en sortent toujours. Je vois dans mes rêves le chasseur cylon. Je me demande si mes voisins de métro sont des cyborgs. La nuit je fais des rêves de batailles dans les étoiles, je divague à de magnifiques interprétations. Si vous souhaiter découvrir toutes les merveilles de cette série et tressaillir vous aussi, ne lisez surtout pas ce qui suit. BSG où les années Bush en 4 saisons de science fiction.

Saison 1 et 2 : le portrait des années 2000 vues de l'Amérique

Au départ, Battlestar est la série qui justifie le Patriot Act le plus clairement. Elle transpose les choses dans une galaxie très lointaine, dans un temps qui n'est pas le nôtre, avec une simplicité et une efficacité dans le discours redoutable. Les cylons sont une création humaine (humain veut dire américain, ça on l'a tous compris depuis longtemps). Un peu comme les talibans. Ce sont au départ des robots avec des apparences mécaniques, ils se révoltent et s'en suit une première guerre puis une paix. Ils profitent de cette paix pour évoluer et prendre une apparence humaine. Ils attaquent notre civilisation (celles des douzes colonies, il va s'en dire) et commettent un génocide auquel seuls 50 000 humains survivent. Et oui, 9/11 c'est un génocide. Je n'en avais pas conscience. (Il faut absolument commencer par voir les deux pilotes qui précèdent la Saison 1)

Pour survivre, les humains doivent laisser place à un gouvernement où l'armée est forte et marche main dans la main avec le gouvernement. Toutes les décisions sont conjointes. Les héros sont des militaires et les militaires sont des héros.

Pour survivre, les humains doivent torturer des cylons (Saison 1 - Episode 8 - flesh and bone), c'est la seule façon de savoir où la bombe se trouve. Comme ce sont des machines, ont peut y aller tranquille sur le saut d'eau, et comme ce sont des machines sensibles, le seau d'eau est efficace... Ou presque, car le cylon n'a pas peur de la mort. Petite pointe de doute: le cylon parfois parait humain, mais son endoctrinement le rapproche sacrément de la machine.

Les cylons ne sont pas un ennemi simple: ils nous mettent face à nos propres défauts, ils nous reprochent nos imperfections et surtout, ils clament qu'il existe un Dieu unique, un créateur et non pas des idoles comme les dieux de Kobol auxquels les humains croient. Ils nous poussent à revisiter notre foi, à l'explorer, à relire nos textes sacrés pour y trouver des réponses. Les cylons sont des intégristes, ils tuent au nom de Dieu, mais ils ont au moins ça de bon qu'ils nous obligent à retrouver foi en nous même et foi en (nos) dieu(x), à revenir à nos sources.

Comme les cylons (pour les modèles évolués) nous ressemblent, ils se fondent parmi nous... la leader du mouvement politique pacifiste (Saison 2 - Episode 13 - epiphanies), elle est quoi à votre avis ? Et la journaliste qui cherche à tout prix à obtenir plus de transparence du corps militaire (Saison 2 - épisode 8, final cut) ? Bien sûr que ce sont des agents ennemis.

Les cylons n'ont pas peur de la mort car leur âme y survit et elle est accueillie par un corps neuf après le décès du corps. Chaque cylon existe en plusieurs copies. Cet ennemi qui renaît de ses cendres est donc très dur à battre. Le transfert d'âme a lieu dans un vaisseau appelé vaisseau de la resurrection (Saison 2 - Episode 11 et 12 - resurection ship). Un vrai paradis pour illuminés.

Mais tout n'est pas si simple, les cylons ont si bien imité l'homme, qu'il se pourrait que certains soient humains... on se pose des questions là dessus, après tout ils ont la capacité de mettre au monde des enfants, des enfants métissés cyborg-humain. Certains hommes tombent amoureux de cylons femmes.

Saison 3 : la caméra change d'épaule

Cette fois-ci, les robots occupent New Caprica, la petite planète cachée dans l'univers où les humain-ricains avaient cru se cacher , l'armée Cylon les découvre et les maintient dans un régime d'occupation et de collaboration, c'est Paris 1943, c'est Bagdad 2005 (les petites lumières vertes de CNN sont là !!!)... et l'impossible arrive, pour résister, les humains utilisent toutes les méthodes dont les attentats-suicide... et on les soutient !! Toutes les perspectives sont renversées. C'est trop fort.

Et bien entendu, le problème le plus essentiel, celui qui torture les âmes éveillées reste la Foi ! Qui croire, que croire, les anciens dieux ou le nouveau Dieu unique. Existe-t-il des liens ? Avoir des réponses à ces questions sans aucun sens (pour moi en tout cas), voilà qui fait courir humains et cylons réunis. On se sent au bord de la route, hein ?

Saison 4 : je suis vierge, je vais la découvrir

Jeudi je suis en grève, je suis freelance mais comme je ne gagne quasiment pas plus que ce que je file à l'URSSAF, à la CIPAVE et aux impôts, je soutiens les grévistes en ne foutant rien un jour... ça me changera de travailler plus pour gagner rien et je m'attaque à la saison 4. Bien plus important que de mettre mon grain de sable au PIB.

samedi 11 août 2007

Sarkoléon le (piètre) Africain

Peut-être parce que j’ai vu enfin Blood Diamonds hier soir, qui n’est pas le mauvais film qu’on a pu dire (sans être un chef d’oeuvre ce film à le mérite de parler de l’Afrique sans épargner personne), j’ai relu le discours aux Jeunes d’Afrique prononcé par Sarkoléon en juillet dernier et découvert, grâce à ma belle, toujours à la pointe de l’information, l’excellente réponse d'hommes et de femmes de lettres africains.

Ce discours peut être lu dans son intégralité ici, il est plein du style ampoulé, III République toc et tac, de Guano et surtout, il contient quelques délicieuses perles de la philosophie sarkosyste:

D’abord prendre son interlocuteur pour un con :

Cette souffrance de l'homme noir, je ne parle pas de l'homme au sens du sexe, je parle de l'homme au sens de l'être humain et bien sûr de la femme et de l'homme dans son acceptation générale.

Pourtant ce n’était pas un discours pour ces cons de français que tu as bien entubé...mais pour un public d’étudiants francophones...Bon passons et concentrons nous sur le débat d’idées :

Le principe du discours est le suivant, on entrecoupe l’affirmation selon laquelle l’Afrique est responsable de son propre malheur, de la reconnaissance des crimes blancs du passé. Mais le point fort du discours reste la responsabilité des noirs dans leurs malheurs :

L'Afrique a sa part de responsabilité dans son propre malheur. On s'est entretué en Afrique au moins autant qu'en Europe.(...).

Et plus loin, l’affirmation selon laquelle la colonisation n’est pas complétement mauvaise :

Il y avait parmi eux (les hommes blancs) des hommes mauvais mais il y avait aussi des hommes de bonne volonté, des hommes qui croyaient remplir une mission civilisatrice, des hommes qui croyaient faire le bien. Ils se trompaient mais certains étaient sincères.

Pour aboutir à l’absolution de la colonisation : elle n’est pas responsable des drames actuels de l’Afrique :

La colonisation n'est pas responsable de toutes les difficultés actuelles de l'Afrique. Elle n'est pas responsable des guerres sanglantes que se font les Africains entre eux. Elle n'est pas responsable des génocides. Elle n'est pas responsable des dictateurs. Elle n'est pas responsable du fanatisme. Elle n'est pas responsable de la corruption, de la prévarication. Elle n'est pas responsable des gaspillages et de la pollution.

Et bien sûre la conclusion qui a fait hurler les africains :

Jamais l'homme ne s'élance vers l'avenir. Jamais il ne lui vient à l'idée de sortir de la répétition pour s'inventer un destin. (...)
Le problème de l'Afrique, c'est qu'elle vit trop le présent dans la nostalgie du paradis perdu de l'enfance.

A la fin de cette lecture, j’étais dingo, heureusement, j’ai pu me ressourcer dans la réponse faite par :
Raharimanana et les écrivains
Boubacar Boris Diop (Sénégal),
Abderrahman Beggar (Maroc, Canada),
Patrice Nganang (Cameroun, Etats-Unis) Koulsy Lamko (Tchad),
Kangni Alem (université de Lomé),
et l’éditrice Jutta Hepke (Vents d’ailleurs).

Je ne connaît pas ces auteurs (je ne lis pas de littérature, c'est un tort)...mais j’adore votre réponse :

Au lendemain de votre discours, que faisiez-vous donc avec Omar Bongo, quarante ans de règne dans la dictature, un doyen dites-vous, et quel doyen dans la corruption et l’aliénation de son pays ! De quelle liberté, de quelle justice, de quel droit parlez-vous ? Je n’ose même pas vous poser la question concernant votre sourire à cet autre grand dictateur africain : Muammar al-Kadhafi ! Que dire du don nucléaire que vous lui promettiez ? Il serait maintenant fréquentable ? Sincèrement ? Mais soit… Nous les Africains manquons un peu de raison et ne comprenons pas ces subtilités qui nous éloignent de la nature et de l’ordre immuable des saisons. Ici la suite chez libé et un lien sans doute plus permanent.

Eh oui Sarkoléon, les problèmes de l’Afrique commencent avec toi !!!