Au Maroc
Un ami m’a ouvert les yeux. Alors que je ne respirais plus d’avoir à la tête de l’Etat
un tel nul, tant de pouvoir pour un tel nul. Cet ami m’a dit: mais Sarkozy n’est pas si puissant, ce n’est qu’un employé au service des grands groupes français. Pour me convaincre cet ami m’a envoyé le compte rendu de l’Obs du récent voyage aux Maroc:
« Le président français Nicolas Sarkozy a entamé lundi 22 octobre au Maroc une visite d'Etat au cours de laquelle il devrait proposer à Rabat d'acheter l'avion de combat Rafale, malgré les informations de la presse marocaine sur la préférence du royaume pour des avions américains moins chers du type F16. »
« "Je suis désireux de proposer au Maroc le meilleur de notre savoir-faire dans ce domaine (le Rafale, ndrl) et dans d'autres secteurs de notre industrie d'armement ", a déclaré Nicolas Sarkozy dans une interview au journal marocain Assabah de lundi. »
« A la question de savoir si le président français fera des "efforts pour placer le Rafale au Maroc", Nicolas Sarkozy a indiqué que le Rafale était un " remarquable avion de toute dernière génération". (...) "L'intérêt que lui porte un certain nombre de pays clients potentiels ne se dément pas. Et je suis personnellement désireux de proposer au Maroc le meilleur de notre savoir-faire " », a conclu le président français.
On dirait un vendeur de portes blindées rajoute justement mon ami. Et là, j’ai tout vu de manière différente, je ne me suis pas vraiment senti mieux longtemps. j’ai arrêté de m’énerver sur la nullité de Sarkozy et j’ai commencé à trembler sur les conséquences possibles d’avoir un laquais à la tête de l’Etat.
Je ne suis pas naïve au point de ne pas savoir que tous les chefs d’Etat français ont oeuvré à la vente d’armes aux pires régimes. Le changement ici c’est que c’est le Président de la République qui fait le VRP en personne. C’est le revers d’avoir un Président "meilleur pote" (et un peu redevable aussi) du gratin industriel français.
Au même moment, Balladur dissous la fonction présidentielle dans son rapport sur les modifications à apporter à la Constitution.
La disparition du chef de l’Etat
Je résume, comme Nicolas Sarkozy n’a pas l’étoffe d’un chef d’Etat, on change la constitution ? Adieu «le garant de l'indépendance nationale, de l'intégrité du territoire et du respect des traités. », adieu l’arbitre qui « assure fonctionnement régulier des pouvoirs publics ainsi que la continuité de l'Etat », on aura droit aussi à un Président « qui définit la politique de la Nation », on aura droit à Sarkozy.
Certain essaye de faire passer la pilule en disant que ça c’est toujours passé comme ça. Faux. Contrairement à ce que raconte Jack Lang aujourd’hui, Mitterrand n’a pas toujours défini la politique de la Nation. C’est certain à partir du gouvernement Fabius, ça l’est aussi sur certains thèmes très importants avant 84: il a laissé entièrement son gouvernement et son ministre de l’Education Savary définir et mener la politique de l’Ecole privée avant d’intervenir en arbitre pour sortir son gouvernement du bourbier devant les manifs monstres pour soutenir le privé. Mitterand est toujours resté un arbitre. Mais comment être un arbitre quand on est ouvertement un capitaine ?
Sarkozy qui déteste déplaire n’a pas les épaules d’un arbitre: il faudrait déjà qu’il parvienne à rencontrer des cheminots en colère sans leur lâcher une petite phrase pour plaire qui va à l’encontre des positions de négociation de son ministre:
Libé : « Annonce choc… ou boulette maousse ? En se rendant vendredi matin dans les ateliers du Landy, à Saint-Denis, près de Paris, où sont révisés TGV, TER, Eurostar et trains Corail, pour montrer ses muscles aux cheminots («La rue, elle ne fera pas plier, parce que nous sommes dans une démocratie»), Nicolas Sarkozy a surtout montré quelques lacunes dans le dossier de la réforme des régimes spéciaux de retraite, pourtant phare de son programme. Quelque peu malmené par les salariés présents (le Président a essuyé le refus ostensible de lui serrer la main d’un salarié), Sarkozy, entouré d’une nuée de caméras, s’engage dans une discussion tendue, au milieu de laquelle il finit par lancer : «Les 40 ans [d’annuités] s’appliqueront à tout le monde, en revanche, les bonifications, les décotes, moi je pense que tout ceci ne peut s’appliquer que pour ceux qui ne sont pas déjà rentrés à la SNCF.» Une rumeur monte dans la foule, un syndicaliste de FO s’étonne : «Ah, mais ça c’est nouveau !» C’est même énorme. »
Il ne faut surtout pas réformer la constitution alors qu’on a a la tête de l’Etat une exception: un type qui n’a pas la carrure de la fonction.
Au fait, au Maroc, On ne vendra pas le Rafale qui est une lourde merde trop technologique mais peut-être le TGV.
Les écolos disent depuis longtemps que Sarko est le VRP du nucléaire civil. Yann Wehrling:
"Que le candidat Sarkozy ait fait des promesses au lobby nucléaire français est une chose. Mais le président de la République, martelant son nucléaire français à chacun de ses déplacements à l'étranger, est en train de dégrader l'image de la France en rabaissant sa fonction à celle d'agent commercial du nucléaire".
En Afrique
Une conversation avec Kiki a failli me convaincre que Sarkozy voulait vraiment changer le ton de la politique africaine de la France. Qu’il avait été obligé de passer par chez Bongo. J’y ai cru quelques heures. Je n’y crois plus du tout.
Non seulement Sarkozy se permet de donner des leçons aux Africains : une leçon d’histoire, une leçon d’avenir, une leçon de vie que BHL a trouvé raciste mais il n’a rien changé aux comportements de ses prédécesseurs: il a commencé ses relations avec le continent Africain comme Giscard, Mitterand et Chirac. Son premier voyage sur le continent africain est passé par chez Omar Bongo au pouvoir depuis 40 ans. (Un artice de rue 89 retrace ces 40 ans de mauvais coups).
Voir aussi ces vidéos de militants.
Pourquoi Bongo ? Parce que Gabon et Elf font bon ménage mais pour mille autre raisons aussi .
Le JDD est d’accord
J’ai trouvé cet article du JDD ce matin ... il ne dise rien d'autre : Sarko marchand de tapis au Maroc.