Marine et l’Europe
Marine Lepen ce matin sur Inter : "Nicolas Sarkozy a marqué le Front National à la culotte". Pour elle, ce qui la sépare de Nicolas Sarkozy c’est l’Europe. Elle n’a rien cité d’autre. Mais pour elle l’Europe est un boulet et ce boulet coulera la politique de Sarko. Pour le reste, les thèmes du FN ont été repris. Ah si, une autre différence entre elle et Sarkosh, l’argent qu’il a dans les poches: "il est dans le système".
Elle se félicite "de la victoire idéologique" du Front National. Merci Marine, la messe est dite.
La sarkomania nous laisse pantoi
C’est vrai que la sarkomania bat son plein, mais les idoles sont faites pour être déboulonnées. Même Jack Bauer a raté sa saison 6.
Sarko finira par apparaître pour ce qu’il est: un démagogue de droite, ivre de pouvoir et cynique.
C’est dur pour ceux qui ne renit pas leur haut le coeur. Le grand Nicolas nous enjoint à se remonter le moral et je pense qu’il a entièrement raison, notamment quand il dit que chez certains de nos voisins, les expériences similaires se sont terminés de façon piteuse et qu’on peut en tirer des arguments pour les combattre. Certaines réformes ont été faîtes ailleurs dans le même esprit que celui qui anime Sarko: libéraliser la France. Faire toujours le choix de la liberté au détriment parfois de la justice sociale.
L’attaque libérale de Sarko semble commencer par deux éléments: la carte scolaire et le service minimum dans les transports.
La carte scolaire
La carte scolaire pourquoi ? Parce que le système actuel n’est pas idéal et que la résistance à la disparition de la carte scolaire risque d’être faible. Mais ce dont on peut être sur c’est que lever la contrainte territoriale va laisser certaines écoles sur le carreau, sans mixité ni sociale, ni de niveau scolaire. Et il ne faut pas s’y tromper, ce n’est pas une réforme pragmatique mais bien dictée par l’idéologie libérale: plus de choix au détriment de la justice sociale même si l’argument de la justice est toujours mis en avant pour noyer le poisson crédule. Ici des gens s’étranglent d’apprendre que la suppression de la carte scolaire pourrait offrir plus de mixité Le blog de deux profs.
Les libéraux, Madelin par exemple, appellent de leur voeux la fin de la carte scolaire depuis plus de 20 ans."Parce que la liberté de choix des parents est un droit fondamental. Et parce que la carte scolaire produit des injustices criantes: elle conduit en effet à assigner à résidence les enfants des cités ghettos dans des écoles ghettos. Voilà pourquoi je me bats depuis vingt ans contre ce système." (Interview à l’express)
Le service minimum
Pourquoi insister autant sur le service minimum dans les transport public alors même que ce principe existe déjà? "C’est une attaque en règle sur le droit de grève" a dit ce matin un syndicaliste sur France Inter...Et s’il avait raison ?
Les libéraux veulent la liberté sans la possibilité de défendre ses droits...
Voilà ce que le penseur libéral Jacques Garello de libres.org écrit sur son site :
Ils sont nombreux à infliger au pays depuis des années la « tyrannie du statu quo », et à rendre impossible toute évolution, même légère, de notre pays. Au premier rang des enrayeurs viennent les syndicats, et parmi eux en priorité la CGT, FO, Sud, la FSU, etc. La gauche a promis comme à son habitude un « troisième tour social », voire un quatrième après les élections législatives. SARKOZY aura-t-il le même courage que Silvio BERLUSCONI face à la manifestation d’un million de syndiqués après son élection ? « Vous êtes un million, j’ai été élu par 20 millions de citoyens ».
Ou encore cet extrait d’un autre article intitulé "Avant Blair, il y eu Thatcher:
"Tout cela ne manque pas de sens, mais les admirateurs et imitateurs de Tony Blair oublient simplement quelque chose : avant Blair il y a eu Thatcher.
En d’autres termes, il y a un préalable à toute réforme significative et à tout succès politique : mettre la démocratie à l’abri des ennemis de la paix civile. Ces ennemis ne manquent pas, et j’ai eu souvent l’occasion de rappeler quels sont les « enrayeurs », ceux qui se mettent en travers du chemin du progrès, ceux qui imposent la tyrannie du statut quo. Dans la France de 2007, comme dans l’Angleterre de 1980, les tyrans les plus efficaces sont les syndicats marxistes.
Tout le mérite de Margaret Thatcher a été de mener pendant un an et demi une lutte contre Artur Skargill, le leader du puissant syndicat des mineurs, qui ne reculait devant rien pour impressionner, menacer et soumettre le gouvernement britannique. Les syndicalistes avaient naturellement renversé les conservateurs, mais aussi bien le pauvre Callaghan, pourtant travailliste, qui avait voulu réformer le marché du travail. Depuis des décennies, le parti travailliste n’était que le bras armé des syndicats, qui désignaient dirigeants politiques et candidats aux élections. Au terme de son combat, Margaret Thatcher avait remis les syndicats en place, et avait supprimé les privilèges dont ils bénéficiaient : « closed shop » (l’embauche d’un salarié passait nécessairement par le syndicat), et cotisations syndicales prélevées sur les salaires et directement payées par l’entreprise.
Après, tout est rentré dans l’ordre. On a pu instaurer la concurrence, privatiser les entreprises publiques (y compris les transports, la poste et l’énergie) et libérer les entreprises privées du carcan où les enfermait un droit social asymétrique, qui mettait systématiquement « le patron » en situation de responsable et même de coupable.
Jacques garello a peur d’être déçu par Sarkozy, qu’il n’ose pas être Thatcher. Moi j’ai peur qu’il ose. Notre rôle sera alors de participer au troisième tour social, s’il a lieu. Parce que l’exemple anglais nous rappelle qu’une grève brisée et perdante peut faire passer le droit de grève aux oubliettes.
Intermittents, votre ministre prend le temps
J’ai écouté la ministre de la culture Christine Albanel, je n’ai pas compris qu’elle serait la politique suivie à part laisser fonctionner le nouveau protocole du régime pour voir comment il tourne. Christine Albanel est aussi porte-parole du gouvernement. Elle aime Balzac et a le ton élégant des gens cultivés. Honnêtement, elle relève un peu le niveau par rapport à Sarko. Par contre, je n’ai pas compris qu’elle était son point de vue sur le régime de l’intermittence. Attendre ? Elle "fera tout pour soutenir la création comme le faisait Louis XIV". Pas de panique. Elle vient de la direction de Versailles d’où Louis XIV. Elle est assez fun mais sur la propriété intellectuelle, elle va sévir: voir "Ordre et régression : les téléchargeurs sous surveillance" chez Kercouac
On peut aussi craindre que briser les intermittents, ce n’est pas encore dans l’air du temps, chaque chose en son temps, d’abord le service minimum, une vraie priorité symbolique de ce gouvernement.